Rompre avec la sédentarité : quelles stratégies pour l’innovation ?

Rompre avec la sédentarité : quelles stratégies pour l’innovation ?

Selon l’étude récente publiée par The Lancet, les problèmes de santé liés au manque d’activité physique quotidienne ont coûté 67 milliards d’euros en 2013. Selon la même étude, seulement 25% de la population effectue une heure ou plus d’activité physique par jour, ce qui serait un moyen simple pour diminuer le risque accru de décès lié à la position assise huit heures par jour au travail. Ces chiffres sont a mettre en relation avec ceux de certaines enquêtes qui montrent que même si 60% des français sont convaincus que pratiquer une activité physique régulière a des effets bénéfiques sur la santé et la longévité, ils ne sont que 25% à se préoccuper de quantifier régulièrement leur activité. La prolifération des objets connectés et des applications de coaching n’a rien changé à cette situation. C’est là un paradoxe qui démontre la limite des messages de prévention basés sur la culpabilisation des publics, à partir des connaissances scientifiques : il ne suffit de savoir ce qui est bon pour nous pour avoir envie de consentir des efforts pour changer nos habitudes de vie. Plus encore, on constate que « c’est ce sont ceux qui en ont le plus besoin qui en font le moins ». Ce paradoxe met aussi en évidence l’impuissance des objets connectés dédiés à la mesure de l’activité physique, dès lors qu’ils ne s’adressent qu’à ceux, peu nombreux, qui ont intégré dans leur habitus une motivation intrinsèque qui les pousse faire des efforts maintenant pour en tirer des bénéfices “plus tard”.

 

Pour éviter ce qui s’annonce être une véritable « pandémie », la solution n’est pas de multiplier les solutions technologiques pour mesurer l’activité mais plutôt de convaincre chacun d’adopter des habitudes de vie actives. Pour cela, il est urgent de se pencher sur les raisons qui freinent la mise en activité durable. L’aménagement des conditions de travail en entreprise, qui laissent souvent peu de place pour un temps dédié à l’activité physique, est certainement une voie à explorer. L’utilisation de communautés pour rendre la pratique (collective) plus attrayante en est une autre. Une nouvelle voie, qui nous paraît plus prometteuse, est celle qui consiste à utiliser davantage les ressorts de la motivation extrinsèque selon le princique que « tout effort mérite une récompense à l’échelle de temps où cet effort est consenti ». En d’autres termes, il faut récompenser les efforts effectués pour se mettre en activité au moment où ils sont accomplis et dans la vraie vie. Même si l’on voit mal les pouvoirs publics s’engager dans cette voie, le pari pourrait être fait que l’argent public consacré à mettre en œuvre cette stratégie de prévention serait de toute façon inférieur aux dépenses qui résultent de la sédentarité. Une autre voie possible consiste donc à s’appuyer sur les entrepreneurs qui acceptent de prendre leur part de responsabilité sociale dans la mise en œuvre de solutions fondées sur un business modèle éthique. Celui ci permettrait de motiver les utilisateurs « actifs » en leur permettant d’obtenir des avantages au prorata des efforts consentis. Ce modèle « win-win » nous semble devoir être exploré et implémenté dans de nouveaux produits dédiés à la (re)mise en forme douce et durable.